02 - Histoire

Les balbutiements de l’ « informatique »

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Apparition au Moyen Orient du premier « outil » de calcul : l’abaque et le boulier.

1642

Blaise Pascal invente la Pascaline, machine à calculer à addition et à soustraction.

1770

Hahn en Allemagne invente la première machine à calculer exécutant directement les 4 opérations (fondée sur le cylindre denté inventé par Leibniz en 1671).

1792

Les frères Chappe inventent le télégraphe optique en France. Il permet d’envoyer des messages rapidement sur une longue distance en utilisant un réseau de tours surmontées d’un bras articulé pour transmettre à vue des signaux codés.

1833

Babbage imagine et tente de réaliser une machine à différences puis une machine analytique qui contient les concepts de ce que sera l’ordinateur moderne : unité de calcul, mémoire, registre et entrée des données par carte perforée. Babbage, bien trop perfectionniste, ne pourra jamais mener à bien ces réalisations.

1840

Augusta Ada LOVELACE imagine le principe d’une machine à calculer qui doit comporter :

  • un dispositif permettant d’introduire les données numériques (cartes perforées, roues dentées…) ;
  • une mémoire pour conserver les valeurs numériques entrées ;
  • une unité de commande grâce à laquelle l’utilisateur va indiquer à la machine les tâches à effectuer ;
  • un « moulin » chargé d’effectuer les calculs ;
  • un dispositif permettant de prendre connaissance des résultats (imprimante…).

1843

Augusta Ada LOVELACE, encore elle, met au point une théorie de la programmation. Elle y définit le principe d’itérations successives dans l’exécution d’une opération. En l’honneur du mathématicien arabe Al Khwarizmi, elle appelle algorithme le processus logique permettant l’exécution d’un programme.

1854

George BOOLE met au point sa théorie de la logique binaire. Dans « Les lois de la pensée », il explique que l’on peut coder les démarches de la pensée à l’aide de système n’ayant que deux états : zero/un, oui/non, vrai/faux, etc.

1867

Invention de la machine à écrire par deux américains, elle est commercialisée par la firme Remington. La disposition des lettres (QWERTY…) vient du fait que les premières machines ne suivaient pas la cadence de certaines secrétaires; on a donc placé les lettres les plus utilisées sous les doigts les plus faibles.

1875

Machine d’Odhner. Machine à calculer dotée d’une manivelle qui fait tourner des roues équipées de dents d’engrenages.

1876

L’Américain Graham Bell invente le téléphone et fonde la compagnie Bell Telephone Company.

1884

Invention de la machine à statistiques à cartes perforées par Herman Hollerith. Mise au point pour effectuer le recensement Américain de 1890, cette machine qui utilise des cartes perforées fera le succès de la « Tabulating Machine Compagny » qui sera renommée plus tard: « International Business Machine (IBM) ».

1911

Machine de Monroe. Machine à engrenages avec un clavier complet.

Les débuts de l’informatique moderne

1936

Définition de la notion d’Algorithme par Alan TURING. Pour cela, il a décrit une machine (virtuelle) capable de résoudre tout problème pouvant être mis sous forme d’algorithme.

1938

Thèse de Shannon qui le premier fait le parallèle entre les circuits électriques et l’algèbre Booléenne. Le mot bit (binary digit), proposé par John Tukey en 1947, sera popularisé par Shannon en 1948.

1940

Circuit Imprimé Les composants devenant de plus en plus petits, on les fixe sur des petites plaquettes isolantes sur lesquelles ces composants sont reliés électriquement par des pistes métalliques très fines.

1941

Création du calculateur binaire ABC par John Atanasoff et Clifford Berry. La machine utilise des lampes et comporte une mémoire et des circuits logiques. Ce fût le premier calculateur à utiliser l’algèbre de Boole. La mémoire, constituée de 2 tambours et pouvait stocker 60 mots de 50 bits. La machine tournait à 60 Hz et pouvait réaliser une addition en une seconde.

1945

Vannevar Bush publie le texte As we may think où il décrit une sorte de machine imaginaire, le Memex, capable d’aider un individu à ranger et retrouver toutes sortes d’informations de façon simple par l’intermédiaire de liens et d’associations entre les documents. On peut y voir la première formulation de la notion d’hypertexte.

L’évolution de l’informatique moderne

1945

Un insecte coincé dans les circuits bloque le fonctionnement du calculateur Mark II (le 9 septembre 1947). La mathématicienne Grace Murray Hopper décide alors que tout ce qui arrête le bon fonctionnement d’un programme s’appellera bug. Il semblerait que l’expression soit restée. Il faut noter que le terme bug était déjà utilisé avant cela : ce terme avait déjà été employé par Thomas Edison.

1946

ENIAC (Electronic Numerical Integrator and Computer). Commandé par l’armée des États-Unis en 1943 pour effectuer les calculs de balistique, il remplaçait 200 personnes chargées auparavant de calculer les tables de tir. Il occupait 167 m² au sol, pesait 30 tonnes, coûtait un demi-million de dollars et consommait environ 150 kilowatts. Il était aussi composé de 70 000 résistances, 10 000 condensateurs, 1 500 relais et 6 000 commutateurs manuels. Bien qu’avec 17 468 lampes, il y eut plus de 19 000 changements durant sa carrière de 9 ans, il faut souligner cette fiabilité exceptionnelle pour l’époque.

1946

Décembre 1947

Invention du transistor par William Bradford Shockley, Walter H. Brattain et John Bardeen dans les laboratoires de Bell Telephone.

1950

Invention de l’assembleur par Maurice V. Wilkes de l’université de Cambridge. Avant, la programmation s’effectuait directement en binaire.

1951

Premier ordinateur temps réel : le Whirlwind crée au MIT par Jay Forrester, Ken Olsen et leur équipe. La recherche de la performance, de la fiabilité et de la rapidité de réponse dans cet ordinateur ont amené de grands progrès. Cette machine fût aussi le prototype des ordinateurs utilisés pour le réseau informatique de défense Américain SAGE (Semi Automated Ground Environment).

1952

IBM produit son premier ordinateur, l’IBM 701 pour la défense Américaine. 19 exemplaires seront produits. Cette machine disposait d’une mémoire à tubes cathodiques de 2 048 ou 4 096 mots de 36 bits et pouvait réaliser 16 000 additions ou 2 200 multiplications par seconde. La première machine sera installée à Los Alamos (voir photo) pour le projet de bombe thermo-nucléaire US.

1952

Les réseaux

1955

Premier réseau informatique à but commercial : SABRE (Semi-Automated Business Research Environment) réalisé par IBM. Il relie 1200 téléscripteurs à travers les Etats-Unis pour la réservation des vols de la compagnie American Airlines.

Septembre 1969

La compagnie américaine BBN installe le premier équipement réseau IMP (basé sur un mini-ordinateur Honeywell 516 avec 12 Ko de Ram, voir photo ci-contre) à l’UCLA et le premier ordinateur (XDS SIGMA 7) y est connecté. Un ordinateur (XDS 940) de l’équipe de Douglas C. Engelbart de la Stanford Research Institute est alors relié via une liaison à 50 kbits/s.

Les premières données sont échangées entre ces machines. Peu après, un ordinateur (IBM 360/75) situé l’université de Santa Barbara et un autre (Dec PDP10) situé à l’université de l’Utah à Salt Lake City sont raccordés. Le réseau ARPANET initial constitué de 4 ordinateurs est alors en fonctionnement fin 1969.

Octobre 1985

Nombre de machines connectées sur Internet : 1961

Novembre 1986

Nombre de machines connectées sur Internet : 5089

L’ère de l’informatique grand public

1971

Le premier microprocesseur: le 4004 d’Intel. Il comporte 2300 transistors et exécute 60 000 opérations par seconde à une fréquence de 108 Khz. Sa puissance était égale à celle de l’ENIAC.

1981

IBM-PC (Personnal Computer). Cet ordinateur, qui n’apporte aucune idée révolutionnaire est la réaction du n°1 mondial face à la micro-informatique : Il était fait d’une accumulation de composants standards et de logiciels sous-traités (principalement auprès de Microsoft) dans le but de minimiser le temps nécessaire pour sa mise au point. Pourtant, le PC et ses clones (produits de copiage asiatiques) vont rapidement devenir un standard avec un succès qui ne s’est jamais démenti durant ses 20 (premières !) années d’existance.

1984

Macintosh d’Apple. C’est l’ordinateur convivial par excellence : son utilisation est très simple grâce à la souris et à la qualité de ses graphismes. Il devient au fil des années et des version, l’autre grand standard (avec le PC d’IBM) du monde de la micro-informatique.

Novembre 1985

Microsoft met Windows 1.0 sur le marché, deux ans après son annonce, au prix de 100 dollars.

1991

Unicode. Afin de résoudre une fois pour toute les problèmes de codage de caractères et de ses différents jeux (par exemple ISO 8859-1, Latin 1) incompatibles, l’Unicode a été créé pour être un sur-ensemble de tous les autres. Il est capable, en théorie, de supporter tous les langages existants (et disparus) avec leurs particularités. Il existe plusieurs formats de représentation : UTF-8 est de plus en plus utilisé pour les transmissions de documents et sur les serveurs UNIX.

1998

Open Source. D’après les statuts de l’AFUL (Association francophone des utilisateurs de logiciels libres), sont considérés comme libres les logiciels disponibles sous forme de code source, librement redistribuables et modifiables, selon des termes proches des licences «GPL», «Berkeley» ou «artistique» et plus généralement des recommandations du groupe «Open Source». Les bases de ce mode de distribution ont été jetées par Richard Stallman, créateur de la FSF et du projet GNU.

2003

Microprocesseur multi-cœur. Le terme multi-cœur désigne un processeur composé d’au moins deux unité de calcul (ou cœurs) gravés sur la même puce. Ces processeurs sont apparus parce qu’augmenter simplement la vitesse devenait peut rentable et rendait problématique les problèmes de dissipation de chaleur. L’idée est d’obtenir plus de puissance apparente grâce à la parallélisation des tâches.

2007

iPhone d’Apple. Après le succès des lecteurs MP3 (iPod) et de ces Macs, Apple decide de s’attaquer au marché des téléphones mobiles avec un tout nouveau smartphone. Condensé de technologies, facile d’accès et soutenu par un grand nombre d’aficionados, chaque itération du produit rencontre un très grand succès.

2010

iPad d’Apple. Utilisant un design similaire et surtout le même OS que l’iPhone, Apple fait réellement décoller le marché des tablettes. Une des raisons étant que les applications sont spécialement prévue pour être utilisées avec les doigts et qu’il ne s’agit pas, comme jusqu’alors, d’un simple ordinateur auquel on a supprimé le clavier.

2012

Raspberry Pi. Afin de relancer l’intérêt des adolescents à la programmation, un groupe d’ingénieurs de Cambridge (GB) a créé un nano-ordinateur, à la puissance limité mais au prix inouï pour l’époque de 35 dollars US. Ces ordinateurs sont également très utilisés par les bidouilleurs et dans le monde de la domotique. Plusieurs générations et modèles existent et le nombre d’unités vendues dépasse largement la dizaines de millions.

L’ère du numérique et de l’intelligence artificielle

2013

Snowden et la surveillance de masse. Edward Snowden, ancien agent de la NSA, révèle au monde l’ampleur des programmes de surveillance de masse mis en place par les États-Unis. Ces révélations provoquent un débat mondial sur la vie privée, le chiffrement des communications et la cybersécurité, et influenceront durablement la législation sur la protection des données.

2014

Essor du cloud computing. Le stockage et le calcul dans le « nuage » deviennent la norme pour les entreprises. Amazon Web Services (AWS), lancé dès 2006, domine le marché et transforme l’industrie informatique : au lieu d’acheter des serveurs, on loue de la puissance de calcul à la demande. Microsoft (Azure) et Google (Cloud) suivent. Ce modèle rend possible l’essor des startups et du big data.

2016

AlphaGo bat le champion du monde de go. Le programme AlphaGo, développé par DeepMind (filiale de Google), bat le champion du monde sud-coréen Lee Sedol par quatre victoires à une. Le jeu de go, avec ses 10170 positions possibles, était considéré comme inaccessible à l’intelligence artificielle. Cette victoire marque un tournant dans la perception publique de l’IA et de l’apprentissage profond (deep learning).

2017

Architecture Transformer. Des chercheurs de Google publient l’article Attention Is All You Need qui introduit l’architecture Transformer. Ce nouveau modèle de réseau de neurones, fondé sur un mécanisme d’attention, révolutionne le traitement automatique du langage et devient la base de tous les grands modèles de langage (GPT, BERT, LLaMA, Claude, etc.).

2018

RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données). L’Union européenne met en application ce règlement qui impose des règles strictes sur la collecte, le traitement et le stockage des données personnelles. C’est la première législation d’envergure mondiale sur la protection de la vie privée à l’ère numérique. Elle inspire de nombreux autres pays.

2019

Première image d’un trou noir. Le réseau de télescopes Event Horizon Telescope (EHT), en combinant les données de huit radiotélescopes répartis sur toute la planète et en les traitant par des algorithmes informatiques avancés, produit la première image directe d’un trou noir, situé au centre de la galaxie M87. Ce résultat illustre la puissance du traitement de données massives.

2019

Avantage quantique. Google annonce avoir atteint la « suprématie quantique » avec son processeur Sycamore de 53 qubits : il aurait réalisé en 200 secondes un calcul qui prendrait 10 000 ans à un supercalculateur classique. Bien que le résultat soit discuté, il marque une étape dans le développement de l’informatique quantique, qui exploite les propriétés de la mécanique quantique (superposition, intrication) pour résoudre certains problèmes autrement insolubles.

2020

GPT-3 et les grands modèles de langage. OpenAI publie GPT-3, un modèle de langage de 175 milliards de paramètres capable de rédiger des textes, traduire, résumer et même programmer. C’est le début de l’ère des Large Language Models (LLM), entraînés sur d’immenses corpus de textes. Ces modèles reposent sur l’architecture Transformer (2017) et nécessitent une puissance de calcul considérable.

2022

ChatGPT et la démocratisation de l’IA générative. OpenAI lance ChatGPT, une interface conversationnelle fondée sur GPT-3.5, qui atteint cent millions d’utilisateurs en deux mois, un record absolu. L’IA générative devient un sujet de société : on l’utilise pour rédiger, coder, créer des images (DALL-E, Midjourney, Stable Diffusion) et de la musique. Les questions d’éthique, de droits d’auteur et d’impact sur l’emploi sont au cœur des débats.

2023

Course à l’IA entre les géants du numérique. Google (Gemini), Meta (LLaMA), Anthropic (Claude), Mistral AI et d’autres multiplient les modèles de langage toujours plus puissants. L’Union européenne adopte l’AI Act (adoption définitive en 2024), première législation mondiale encadrant l’intelligence artificielle, classant les systèmes par niveau de risque. La France se distingue avec Mistral AI, startup fondée à Paris, qui développe des modèles ouverts compétitifs.

2024

IA et science. Le prix Nobel de physique est attribué à John Hopfield et Geoffrey Hinton pour leurs travaux fondateurs sur les réseaux de neurones artificiels. Le prix Nobel de chimie récompense Demis Hassabis et John Jumper (DeepMind) pour AlphaFold, un modèle d’IA capable de prédire la structure tridimensionnelle des protéines avec une précision remarquable, ouvrant la voie à des avancées en médecine et en biologie.

2025

L’IA au quotidien. Les assistants IA sont intégrés dans les systèmes d’exploitation, les navigateurs, les outils de bureautique et les environnements de développement. La programmation assistée par IA (GitHub Copilot, Claude Code, Cursor) transforme le métier de développeur. Le débat sur la régulation, la souveraineté numérique et l’impact environnemental des centres de données s’intensifie à mesure que la consommation énergétique de l’entraînement des modèles augmente.

Activité : frise chronologique

À partir de ce cours, réalisez une frise chronologique de l’histoire de l’informatique en respectant les consignes suivantes :

  1. Sélectionnez dix événements qui vous semblent les plus importants, en en choisissant au moins un par grande période (balbutiements, débuts, évolution, réseaux, grand public, IA).
  2. Pour chaque événement, rédigez un résumé en une ou deux phrases avec vos propres mots (ne recopiez pas le cours).
  3. Identifiez pour chaque événement s’il relève du matériel, du logiciel, des réseaux ou de questions de société.
  4. Présentez votre frise sous la forme de votre choix : affiche papier, diaporama, page Web ou carte mentale.

Question de réflexion : parmi les événements étudiés, lequel a selon vous le plus transformé notre quotidien ? Justifiez votre choix en quelques lignes.